Créée en 2008, la Cellule de Réforme Budgétaire et de Modernisation de la Gestion Publique (CRBMGP) a été érigée en direction centrale au sein de la Direction Générale du Budget et des Finances (DGBF) par le décret n°2011-222 du 07septembre 2011 portant organisation du Ministère de l’Economie et des Finances.
Depuis la prise du Décret n° 2021-800 du 8 décembre 2021 portant organisation du Ministère du Budget et du Portefeuille de l'État, Monsieur N’GOUMISSA KOFFI Claude François est le Directeur de la Réglementation et de la Modernisation de la Gestion Budgétaire.
Il s’agit d’instaurer de nouvelles règles pour l’élaboration, l’exécution, le contrôle et le suivi du budget de l’État avec pour objectif d’améliorer l’efficacité de la dépense et, à travers elle, les politiques publiques. Cette notion d’efficacité est centrale car elle met l’accent sur les résultats concrets qui peuvent être attendus de la mobilisation et de l’utilisation des moyens financiers et non plus exclusivement sur la régularité de l’utilisation des moyens financiers. Jusqu’à la présente réforme, les règles encadrant la formulation des budgets se focalisaient sur le volume des moyens consacrés à l’action des pouvoirs publics. La notion du « combien on dépense ?» est mise en avant.
Dans la réforme actuelle, le budget doit mettre en avant, non seulement les moyens liés à l’activité des pouvoirs publics, mais également justifier la répartition des allocations par rapport à la réalisation d’objectifs définis ex ante pour chaque poste de dépense. La notion du « Pour quoi on dépense ?» est mise en avant.
« L’orientation de la gestion vers des résultats prédéfinis constitue le cœur de la réforme en cours et devra conduire les administrations publiques à réformer leurs organisations et leurs modes de fonctionnement » UEMOA, dans le Guide didactique sur la LOLF.
Les changements introduits rénovent le dialogue de gestion:
- en plaçant le Responsable de programme au cœur du processus ;
- en responsabilisant les gestionnaires pour la conception, la mise en œuvre et le suivi du Budget afin de lui permettre de rendre compte de la qualité de leur gestion par l’atteinte des objectifs qui leurs sont fixés ;
- en accordant une place de choix à l’évaluation des politiques publiques ;
- en accordant une plus grande marge de manœuvre dans la conception et la gestion des politiques publiques aux gestionnaires qui disposent désormais d’une plus de souplesse dans la gestion des moyens financiers et humains.
En somme, il s’agit d’introduire la gestion axée sur les résultats (GAR) comme méthode de travail dans l’activité budgétaire.
Il est question de :
- changer la nomenclature pour rendre le budget plus accessible et aux citoyens ;
- améliorer la documentation budgétaire de façon à renforcer l’information des parlementaires ;
- supprimer la notion de « services votés » qui limitait considérablement la portée de l’autorisation parlementaire votée et la nécessité de justifier les crédits.
En somme, il s’agit d’introduire la gestion axée sur les résultats (GAR) comme méthode de travail dans l’activité budgétaire.
En introduisant la pluriannualité dans la doctrine budgétaire, l’UEMOA ambitionne de prendre en compte, à moyen terme, l’impact des décisions publiques.
En effet, la pluriannualité offre une réponse technique aux problèmes d’articulation entre les stratégies nationales de développement et les budgets et permet d’être plus en phase avec ces stratégies, elles-mêmes pluriannuelles, et d’améliorer leur prise en compte dans la loi de finances et leur mise en œuvre effective.
Même si l’annualité reste le cadre du vote, de l’exécution des recettes et des dépenses de l’État, la programmation budgétaire doit désormais anticiper les exercices ultérieurs.
Aux côtés des principes budgétaires classiques (annualité, spécialité, universalité et unité), il est introduit un nouveau principe : la sincérité budgétaire qui se définit comme l’obligation de présenter des comptes ou un budget reflétant une image sincère et fidèle de la situation et des perspectives économiques et patrimoniales nationales au regard des informations dont dispose le Gouvernement au moment de l’élaboration du budget.
Il s’agit de :
- refondre le contrôle administratif de la chaine de la dépense
- accroitre le rôle du Parlement sur les finances publiques
- accroître le rôle de la Cour des comptes
2008 : Création de la Cellule de Réforme Budgétaire et de Modernisation de la Gestion Publique
2009: Adoption des 6 premières directives de l’UEMOA instaurant le nouveau cadre harmonisé de la Gestion des Finances Publiques
Les 2 dernières directives suivront en 2011 (Régime financier des collectivités territoriales) et 2012 (Comptabilités des matières)
2010: Elaboration des Documents de Programmation Pluriannuelle des Dépenses -Projets Annuels de Performance (DPPD-PAP) pilotes pour cinq (5) ministères
2011:Erection de la CRBMGP en Direction de la Réforme Budgétaire et de la Modernisation de la Gestion Publique
2013: Elaboration du premier Document de Programmation Budgétaire et Economique Pluriannuelle (DPBEP)
2014: Transposition dans le droit ivoirien des 6 premières directives du cadre harmonisé de la Gestion des Finances Publiques de l’UEMOA en 2 lois organiques et 5 décrets. Les 2 dernières directives ont été transposées en 2018 et 2020.
2017: Elaboration du Document de mise en œuvre de la Réforme Budgétaire
2018: Elaboration des premiers DPPD-PAP couvrant l’ensemble des Ministères et intégrant les budgets des Institutions constitutionnelles
2019:
- Attestation du Gouvernement marquant l’engagement du Gouvernement pour le basculement de la Côte d’Ivoire au budget-programmes au 1er janvier 2020
- Vaste programme de formation et de sensibilisation des principaux acteurs de la gestion budgétaire (Parlement, Gouvernement, Cour des comptes, Ministère du Budget, Ministère du Plan, Directeurs Généraux d’administration centrale, Ordonnateurs d’EPN, Chefs des cabinets ministériels, Directeurs des Affaires Financières, Directeurs Régionaux du Budget, de la Solde et des Marchés Publics)
- Mise en place du Système d’Information Budgétaire (SIB)
- Adoption du DPPD-PAP en Conseil des Ministres
- Organisation du Premier Débat d’Orientation Budgétaire
- Elaboration de l’Annexe 4 « DPPD-PAP » à la Loi de finances initiale de l’année 2020
2020:
- Basculement de la Côte d’Ivoire au budget-programmes
- Désignation par décret des Responsables de programme
- Exécution du budget dans le Système d’Information Budgétaire (SIB)
2021:
- Elaboration des premiers Rapports Annuels de Performance (RAP)
- Elaboration du premier Rapport Général sur la Performance (RGP)
Huit (8) Directives ont été prises par l’UEMOA. Leur transposition dans le droit national fait ressortir, à ce jour, les textes ci-après.
Deux (2) lois organiques :
- Loi organique n°2014-336 du 05 JUIN 2014-relative aux Lois de Finances ;
- Loi organique n° 2014- 337 du 05 JUIN 2014 portant Code de Transparence dans la Gestion des Finances Publiques
Une (1) Loi ordinaire
- Loi N°2020-885 du 21 octobre 2020 portant régime financier des collectivités et des Districts autonomes
Cinq (5) décrets :
- Décret n°2014- 416 du 09 juillet 2014 portant Règlement Général sur la Comptabilité Publique,
- Décret n° 2014- 417 du 09 juillet 2014 portant Nomenclature Budgétaire de l’Etat,
- Décret n° 2014- 418 du 09 juillet 2014 portant Plan Comptable de l’Etat,
- Décret n° 2014- 419 du 09 juillet 2014 portant Tableau des Opérations Financières de l’Etat ;
- Décret n° 2018- 928 du 12 décembre 2018 portant Comptabilité des Matières.
. Décrets d’application de la LOLF :
- Décret n°2013-461 du 19 juin 2013 déterminant le processus annuel d’élaboration du budget ;
- Décret n°2019-81 du 23 janvier 2019 portant charte de gestion des programmes et des dotations ;
- Décret n°2019-190 du 6 mars 2019 portant Déconcentration de l’Ordonnancement ;
- Décret n°2019-222 du 13 mars 2019 portant modalités de mise en œuvre des contrôles financier et budgétaire des Institutions, des administrations publiques, des Établissements Publics Nationaux et des Collectivités Territoriales.
. Textes d’application portant sur la Nomenclature Budgétaire de l’Etat
- Arrêté n°0735/MBPE/DGBF/DRBMGP/SD_1 du 7 décembre 2020 portant détermination des codes de la Nomenclature Budgétaire de l’État applicables au Budget-Programmes.
. Textes d’application portant sur la Comptabilité des Matières.
- Décret n°2019-924 du 6 novembre 2019 Statut de gestionnaire du patrimoine
- Arrêté interministériel n°353 du 4 mars 2020 portant Procédures de Gestion des Matières.
Le Document de Programmation Budgétaire et Economique Pluriannuelle (DPBEP). De 2013 à 2018, il s’élabore en mode pilote. En 2019, il est soumis à l’adoption du Conseil des Ministres dans le cadre de l’élaboration du budget de l’exercice 2020. Son adoption en conseil des ministres est ainsi institutionnalisée depuis 2019.
les Documents de Programmation Pluriannuelle des Dépenses et les Projets Annuels de Performance (DPPD-PAP) De 2010 à 2018, ils sont élaborés en mode pilote aux fins de test à partir de 2010 à titre expérimental. De 5 ministères en 2010, le nombre des pilotes augmente progressivement à 11 puis à 18.
En 2018, l’Annexe 10 « Documents de Programmation Pluriannuelle des Dépenses et les Projets Annuels de Performance (DPPD-PAP) » intègre toutes les sections budgétaires (Ministères et institutions), englobe toutes les composantes du budget de l’Etat et fait ressortir un montant en ligne avec la Loi de Finances de l’année 2019.
En 2019, en vue du basculement en mode budget-programmes, les « Documents de Programmation Pluriannuelle des Dépenses et les Projets Annuels de Performance (DPPD-PAP) 2020-22 » sont édités en Annexe 4 à la Loi de finances de l’année 2020 et sont soumis aux deux chambres du Parlement. Depuis cet exercice budgétaire, l’Annexe 4 est le principal document utilisé par les Parlementaires lors de l’examen de la Loi de finances initiale.
- le déroulement de la programmation ;
- l’exécution budgétaire, les risques constatés et les efforts mis en œuvre pour les juguler ;
- les mouvements de crédits et l’évaluation de la mise en œuvre du contrôle interne budgétaire.
- ANNEXE 10 : DOCUMENTS DE PROGRAMMATION PLURIANNUELLE DES DEPENSES – PROJETS ANNUELS DE PERFORMANCE (DPPD-PAP) 2019 – 2021 ;
- ANNEXE 4 : DOCUMENTS DE PROGRAMMATION PLURIANNUELLE DES DEPENSES - PROJETS ANNUELS DE PERFORMANCE (DPPD-PAP) 2021 – 2023 ET BUDGET DES DOTATIONS 2021 – 2023 ;
- ANNEXE 4 : DOCUMENTS DE PROGRAMMATION PLURIANNUELLE DES DEPENSES - PROJETS ANNUELS DE PERFORMANCE (DPPD-PAP) 2022 – 2024 ET BUDGET DES DOTATIONS 2022 – 2024;
- RAPPORTS ANNUELS DE PERFORMANCE POUR L’ANNEE 2020
- RAPPORTS ANNUELS DE PERFORMANCE POUR L’ANNEE 2021
- RAPPORT GÉNÉRAL SUR LA PERFORMANCE POUR L’ANNEE 2020
- RAPPORT GÉNÉRAL SUR LA PERFORMANCE POUR L’ANNEE 2021
Le Contrôle Interne Budgétaire est un ensemble de dispositifs formalisés et permanents mis en œuvre de manière continue sous la responsabilité de l’ordonnateur, par les responsables de tous les niveaux de la chaîne budgétaire pour fournir une assurance raisonnable quant à la réalisation des objectifs suivants :
Les dispositifs pour la maîtrise des risques budgétaires dans les institutions, les administrations publiques et les Etablissements Publics Nationaux se classent en cinq (5) composantes :
1ère composante : l’environnement de contrôle
L’environnement de contrôle comprend notamment l’organisation, le cadre légal et règlementaire applicable, les politiques, processus, procédures, valeurs qui caractérisent la culture des institutions, administrations publiques et Etablissements Publics Nationaux. L’environnement de contrôle est le socle du contrôle interne budgétaire.
2ème composante : l’évaluation des risques budgétaires
Celle-ci comprend deux temps :
3ème composante : les activités de contrôle
Les activités de contrôle sont des dispositifs visant à maîtriser ou à minorer l’impact ou l’occurrence des risques budgétaires identifiés. Ils doivent être, soit propres à chaque institution, chaque administration publique et chaque Etablissement Public National pour faire face à des risques généraux, soit propres à une entité budgétaire spécifique. Les activités de contrôle sont continuellement adaptées aux risques probables et aux enjeux liés à leur mitigation.
4ème composante : l’information et la communication
Elles recouvrent :
5ème composante : le pilotage du contrôle interne
Le dispositif du contrôle interne budgétaire fait l’objet d’un pilotage permanent. Il s’agit de vérifier sa pertinence et son adéquation aux objectifs fixés par les institutions, les administrations publiques et les Etablissements Publics Nationaux en matière de qualité des informations de soutenabilité budgétaire et de qualité de la comptabilité budgétaire.
VII- SYSTÈME DE MANAGEMENT DE LA QUALITE DE LA DGBF
Conscient des enjeux de la mise en œuvre du management de la qualité dans une organisation, la Direction Générale du Budget et des Finances a décidé de s’inscrire dans le processus de la démarche qualité. Aussi, pour l’amélioration de la qualité de ses services et des prestations rendues aux usagers, la DGBF s’est-elle dotée d’une Sous-direction de la Qualité et de la Normalisation au sein de la Direction de la Réforme Budgétaire et de la Modernisation de la Gestion Publique (DRBMGP).
Pour traduire sa volonté de mettre en place la démarche qualité, la DGBF a recruté un cabinet qui a réalisé un audit diagnostic de toutes ses structures, en 2015, et a organisé la restitution du résultat du diagnostic. Sur la base des résultats de l’audit, la DGBF a pris l’option d’expérimenter la démarche qualité dans une direction pilote, la Direction des Marchés Publics (DMP). Démarré en 2017, ce processus a conduit à la certification de la DMP en 2020. A la fin de l’année 2019, suite à son érection en une Direction Générale (décret n°2019-1120 du 18 décembre 2019 portant organisation du Ministère auprès du Premier Ministre, chargé du Budget et du Portefeuille de l’Etat), la DMP sort du processus de certification de la DGBF.Dans la recherche de la certification ISO 9001 version 2015 pour l’ensemble de ses services, la DGBF a entrepris d’élaborer une stratégie de déploiement de la démarche qualité en son sein en optant pour une certification globale de ses services.
Principales actions réalisées :
Intérêts du choix de la certification globale de la DGBF
Etapes de la certification globale de la DGBF
En 2022, au stade de la phase 1, les actions réalisées sont les suivantes:
Les prochaines étapes à court terme (jusqu’en décembre 2022) sont :